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Des recherches pour le maintien de la biodiversité à l'UQAR

Les poissons passionnent la dynamique Céline Audet depuis sa maîtrise en biologie, pendant laquelle elle étudiait la truite dans un laboratoire d’histologie et de microscopie électronique. Aujourd’hui, elle se spécialise dans la physiologie environnementale et travaille avec une équipe chevronnée pour comprendre comment les poissons peuvent s’adapter aux conséquences de la modification de leur habitat.

Céline Audet s’assure d’adopter une approche multidiscipliaire qui allie la recherche sur le terrain et l’expérience en laboratoire. Avec ses collègues de l’UQAR et de Pêches et Océans, elle vient de recevoir une subvention de 370 000 $ sur trois ans dans le cadre du programme de Subventions de projets stratégiques du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

En quoi les travaux de recherches de Céline Audet rejoignent-ils la population? « Il faut connaître les besoins des espèces pour le maintien de la biodiversité, répond spontanément la chercheure. Nos recherches peuvent aussi servir des intérêts économiques puisque nous assurons la préservation des ressources. »

Les eaux profondes de l’estuaire et du golfe Saint-Laurent sont de plus en plus hypoxiques, c’est-à-dire pauvres en oxygène dissous. Ce phénoméne découlerait d’un mélange de causes naturelles et anthropiques, c’est-à-dire liées à l’activité humaine. La détérioration importante des conditions d’oxygène dissous dans les eaux profondes de l’estuaire du Saint-Laurent a été très marquée entre 1930 et 1980. Malgré l’ampleur du phénomène de l’hypoxie dans l’estuaire et le golfe, ses impacts n’ont été étudiés que pour la morue franche.

Plusieurs difficultés surviennent dans ce minutieux travail d’observation et d’analyse des conséquences de l’hypoxie. D’abord les poissons migrent sur des centaines de kilomètres. « Retrouver le même poisson, ce n’est pas très simple », soulève Mme Audet. Il existe des puces électroniques que l’on peut placer dans la cavité abdominale de l’animal, « mais cela cause un stress, ce qui peut biaiser les données. » Il faut donc combiner une approche sur le terrain et un travail en laboratoire où certaines conditions environnementales caractérisant l’habitat du poisson sont reproduites.

Sur le terrain, Céline Audet s’entoure d’écologistes et de biologistes pour collecter des données sur la distribution des espèces en fonction de certains paramètres. Une fois en laboratoire, la physiologiste collabore avec des spécialistes de la génomique pour en vérifier les effets. « Mes recherches sont toujours une combinaison de compétences. Le travail d’équipe est très important. »

L’objectif général du projet de recherche est de déterminer l’impact de l’hypoxie sur la productivité des espèces de poissons et d’invertébrés d’intérêt commercial de l’estuaire du Saint-Laurent. Ce projet comprend plusieurs axes. D’abord, il utilise des organismes sentinelles dont le flétan du Groendland et la crevette nordique. « Plus spécifiquement, nous voulons établir le lien entre les teneurs en oxygène dissous, la profondeur, la température et la distribution de poissons démerseaux et d’invertébrés benthiques afin de déterminer les teneurs en oxygène dissous, les profondeurs et les températures qui sont occupées ou évitées par chaque espèce », explique-t-elle.

Par la suite, la chercheure et ses collaborateurs entendent établir comment la présence d’oxygène dissous affecte le régime alimentaire du flétan du Groenland. Ils veulent aussi comparer la croissance entre les individus de l’Estuaire, qui sont exposés à de l’hypoxie sévère, et ceux du Golfe Saint-Laurent ou de l’extérieur de l’estuaire, où les niveaux d’hypoxie sont moins grands.

De plus, cette recheche vise à déterminer, chez le flétan du Groendland et la crevette nordique, les contraintes métaboliques que peut entraîner l’hypotoxie. Ensuite, sera analysée l’influence des différentes teneurs en oxygène dissous sur le taux de survie, sur le développement embryonnaire et sur le succès d’éclosion des œufs de flétan du Groendland.

Finalement, la chercheure et ses collègues évalueront les impacts potentiels de l’évolution des conditions hypoxiques dans l’estuaire du Saint-Laurent. Ils seront alors en mesure d’établir le besoin et la nature des mesures d’ajustement de l’espèce à la nouvelle réalité de son milieu.


Améliorer l’efficacité du secteur aquacole

Outre ses recherches dans l’estuaire du Saint-Laurent, Céline Audet, étudie aussi le poisson d’élevage. Une grande partie de ses travaux se déroulent à la Station aquicole de Pointe-au-Père. Elle y étudie toutes les phases de la vie des poissons, de l’état larvaire au stade adulte. Elle croit que l’étude des propriétés génétiques des poissons d’élevage permettra d’améliorer la productivité du secteur aquacole.

Ses travaux ont pour objectif d’identifier les gènes des poissons et leurs fonctions. « On identifie les gènes performants, précise-t-elle. Une fois ces gènes identifiés, on fait des croisements. Et ça a des impacts concrets sur l’industrie aquacole. »

Céline Audet travaille avant tout pour l’avancement des connaissances dans son domaine. Elle veut toujours en savoir plus sur ce qui se passe sur le plan physiologique. Toutefois, elle soutient que ses recherches peuvent intéresser un public plus large puisque les conclusions de ses travaux ont une portée pratique.

Prenons l’exemple du phénomène de l’albinisme, très répandu chez les poissons plats d’élevage. Le problème semble se manifester au stade larvaire. Il pourrait avoir un lien avec l’alimentation. « L’éleveur de poissons ne tient vraiment pas à savoir quel type d’acide gras peut éliminer ce problème, explique la chercheure. Par contre, si nous produisons, ici, des microalgues qui en contiennent, c’est certain que l’éleveur va s’en procurer et la qualité de sa production va nettement s’améliorer. »

L’aquaculture a le vent dans les voiles, selon Pêches et Océans Canada. Les prises de poissons et de fruits de mer plafonnent sur toutes les mers du monde. Mais le niveau actuel de leur consommation s’accentue. Cette forte demande obligera à doubler la production mondiale de l'aquaculture d'ici 2010. Au Québec seulement, cette industrie crée 8000 emplois saisonniers. Le Réseau Aquaculture Québec regroupe une trentaine de chercheurs intéressés par ces questions.

Émilie Vallières

 

14 janvier 2009
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